Lors d’une rando récente, avec une arrivée au bivouac un peu tardive, l’igloo s’est paré de couleurs un peu irréelles. Jugez plutôt !
Pourquoi le froid est-il parfois votre allié en rando igloo ?
Il est indispensable de se protéger des effets du froid lors d’un trek en montagne avec nuitées en igloo. Au-delà de la température, le vent et l’humidité sont effectivement vos pires ennemis, à l’origine de gelures notamment.
Mais par d’autres côtés, le froid est aussi la clé de la réussite de votre rando.
C’est un gage de solidité de votre igloo
Eh oui, si votre construction est bien faite, la température intérieure va légèrement augmenter pour se trouver aux alentours de 0°C alors que dehors, il va faire bien plus froid pendant la nuit. La neige des murs et du toit de l’igloo, tassée et quelque peu réchauffée par l’intérieur, va regeler au contact de l’air froid extérieur. Cela consolide donc l’édifice, ce qui fait que le lendemain, vous constaterez que les parois de l’abri sont bien dures.
En résumé, une nuit bien dégagée d’hiver, avec un fort rayonnement nocturne, permet des températures parfois très basses au raz de la neige, ce qui solidifie l’igloo.
C’est ce qui vous permet de ne pas être trempé en faisant l’igloo
Quand on construit son igloo, on est pendant longtemps à genoux ou assis dans la neige. C’est encore pire quand on creuse à l’intérieur du tas de neige. Ainsi, quand il faut assez doux dehors, la neige est lourde, compacte, et surtout humide. L’avantage, c’est qu’elle se façonne assez facilement, du moins en-dessous d’une certaine température. Mais le problème, c’est que cette neige « mouillée » vous trempe littéralement. Vous êtes donc bien humide dans vos chaussures et sous certains vêtements après plusieurs heures de travail ! Et quand vous avez fini, que le soir tombe et que le froid de la nuit arrive, il faut impérativement des vêtements de rechange. Quant à vos chaussures, inutile de vous dire qu’elles seront tout aussi humides le lendemain, en plus d’être gelées.
Donc moralité, un froid bien vif et une neige un peu plus sèche vous mouillent beaucoup moins. Mais là encore, c’est une question de mesure : si un froid intense s’installe durablement, le manteau neigeux évolue soit vers des couches totalement gelées et très dures à creuser, soit vers de la neige très pulvérulente et sans cohésion (donc très difficile à tasser et encore moins à surcreuser).
Quelques idées vraies ou fausses sur la rando avec igloo
Partir en trek itinérant, en plein hiver, avec l’intention de dormir chaque soir dans un igloo, peut faire (un peu) peur. Pourtant, l’idée qu’on s’en fait n’est pas toujours exacte. Voici donc quelques observations que j’ai pu relever, au fur et à mesure de mes sorties en mode inuit !
Idée 1 : on construit un igloo en empilant des blocs rectangulaires de neige dure
Il y a plusieurs façons de construire un igloo, qui dépendent du type de neige et de l’utilisation qu’on envisage de son abri. Dans le cadre d’un igloo conçu pour une seule nuit et dans le contexte d’une randonnée dans les Alpes du nord, sous un climat qui n’est pas celui de la Laponie ou du Grand Nord canadien, on peut privilégier une technique relativement simple, faisable seul ou à deux. Plutôt qu’un long discours, je vous conseille de jeter un coup d’œil sur cette petite vidéo en cliquant ici.
Idée 2 : c’est long et fatiguant de faire un igloo
C’est pas faux ! Quand je suis seul, il me faut en général 3 heures pour construire un édifice dans lequel on pourrait tenir à deux en étant un peu serrés. Il faut donc en tenir compte dans l’horaire de la journée, car c’est préférable d’avoir fini l’igloo avant la nuit. Pelleter de la neige pendant 3 heures, qui peut être assez lourde, est effectivement assez physique. Mais quand on est deux, c’est déjà plus simple et puis cela vous maintient réchauffé ! Ca n’empêche pas de faire quelques pauses, dans un cadre magnifique évidemment !
Idée 3 : dormir sous un igloo, c’est avoir froid toute la nuit
Je n’ai pour l’instant jamais eu froid dans mon igloo, une fois installé dans mon sac de couchage. Bien sûr, dans cet abri de fortune qui reste un igloo assez rudimentaire, il ne faut pas compter obtenir une température positive (ce qui n’est de toute façon pas tellement souhaitable, à moins d’aimer recevoir gouttes d’eau sur soi) ou même à 0°C. Mais à côté du froid qu’il peut faire dehors, à même la neige, exposé au rayonnement nocturne si le ciel est dégagé, et accessoirement au vent, votre chambre à coucher style Reine des neiges vous semblera bien plus tempérée ! Je le sais parce que j’en ai fait un jour l’expérience, et je vous promets qu’il n’y a pas photo. Cela demande évidemment d’être bien équipé pour affronter une température intérieure voisine de -1 ou -2°C.
Idée 4 : il faut un très bon duvet pour dormir sous un igloo
Oui, mais comme je l’ai dit juste avant, dans le contexte d’une randonnée hivernale sous un climat tempéré et en moyenne montagne, donc pas à plus de 3000 mètres et sous des latitudes arctiques, il n’est pas nécessaire d’avoir un sac de couchage adapté à des températures de -10 ou -20°C. Surtout, il est absolument primordial d’être isolé de la neige par un matelas gonflable. C’est à mon avis encore plus important qu’un bon duvet. Et ce n’est pas la peine d’acheter un matelas ultra technique, j’utilise moi-même un matelas très simple, épais de quelques cm seulement, posé sur une couverture de survie que j’étale au sol.
Idée 5 : on peut avoir des engelures avec ce genre d’aventure !
Non, du moins à l’exception de conditions météo sévères et extrêmes. Mais néanmoins à quelques conditions. D’abord, comme je l’ai dit au-dessus, avoir un bon duvet et être isolé du sol enneigé par un matelas gonflable. Ensuite et surtout, avoir du change pour éviter de se coucher mouillé ou même humide, particulièrement au niveau des extrémités (orteils en particulier). Il faut en effet savoir que la construction de l’igloo, surtout si la neige est humide et que la température extérieure est douce (tant qu’il y a du soleil), va vous laisser quelque peu imbibé d’eau. Il est donc très important de pouvoir mettre pour la nuit des chaussettes sèches, une paire de gants pas trop encombrante mais qui vous protège, plusieurs couches de sous-vêtements gardant efficacement la température corporelle. Enfin, avoir sur soi au besoin quelques chaufferettes pour les pieds et les mains, peut rendre service.
Idée 6 : il doit y avoir des conditions météo plus ou moins favorables pour envisager ce type de nuitée
Oui, et c’est pour ça qu’il faut savoir adapter son projet en fonction des conditions du moment, et surtout faire preuve d’humilité. Surtout avec les hivers plus doux que nous connaissons. A mon avis, les situations les plus défavorables sont les suivantes :
- en cas de redoux avec remontée de l’isotherme au-delà de l’altitude où l’on se trouve, et si le ciel est ennuagé (ou à plus forte raison s’il pleut). Votre igloo manquera de solidité et risquera de s’écrouler sur vous pendant la nuit ou lors de la construction. Au-delà du désagrément, il faut savoir que la neige mouillée et humide est très lourde et pourrait vous blesser gravement.
- en cas de grosses chutes de neige très légères et froides, sans beaucoup de sous-couches de neige plus dense. Même si le paysage sera celui d’une carte postale, une neige trop froide et légère est très difficile à densifier, ce qui rendra la construction de votre abri bien plus longue et délicate. Ce n’est pas impossible, mais il faut le prendre en compte dans le planning de l’étape. Par contre, le point positif, c’est que vous serez beaucoup moins mouillé à la fin de l’opération, vu que la neige est plus « sèche ».
Voilà quelques constatations que j’ai pu faire au fil de mes sorties. Si ce type d’expérience vous intéresse mais que vous voulez bénéficier de l’aide d’un professionnel, je peux vous aider !
Comment construire un igloo ?
Il y a plusieurs méthodes pour construire un igloo. Celle que j’utilise est adaptée à une construction pour une nuit et relativement rapide à faire.
Tout seul, il faut compter environ 3 heures (mais cela dépend de la qualité de la neige). Si on construit l’igloo à deux, c’est évidemment moins long. En tout cas, ce temps de construction est à inclure dans la durée de l’étape si vous êtes en itinérance, surtout en hiver où les journées sont courtes. Il faut en effet avoir fini son igloo avant la nuit.
Plutôt qu’un long discours, voici une petite vidéo qui donne une idée de ce qu’il faut faire. Le mieux est évidemment de s’exercer en conditions réelles… avec Sentiers d’en-Haut tant qu’à faire !
Important également : la qualité de la pelle à neige. Privilégiez une pelle métallique (mais légère), plutôt qu’une pelle en plastique bien plus fragile et vite inefficace quand la neige est croutée ou très dense (ce qui est souvent le cas en fin d’hiver).
Il vous manque ce matériel ? Pas de problème, j’en prête !
Quel matériel dois-je avoir pour dormir en bivouac et en hiver ?
Bivouaquer en montagne alors qu’il y a de la neige partout, ça ne va pas forcément de soi. Pourtant, c’est une expérience privilégiée pour tout randonneur qui aime ce genre de contact avec la nature. Quand je pratique ce genre de sortie, je construis toujours un igloo pour y passer la nuit.
Dormir dans un igloo en plein hiver et en altitude, cela suppose un minimum de matériel et de précautions contre le froid. Voici ce que je recommande toujours à mes clients :
- un bon duvet, évidemment, qui vous permet de résister à une température d’environ -5°C pour être à l’aise. Si votre sac de couchage est un peu moins chaud (température de confort à 0°C par exemple), c’est possible mais à condition d’avoir des vêtements chauds que vous superposez sur vous.
- encore plus essentiel : un matelas gonflable qui vous isole de la neige. Votre duvet ne vous servira à rien si vous reposez à même le sol, ou juste sur une couverture de survie. Pas besoin d’un matelas haut de gamme, mais cette couche d’air de quelques cm d’épaisseur entre vous et la neige est essentielle.
- très important aussi : une fois couché, des vêtements chauds et surtout secs. Il ne faut surtout pas être mouillé car votre corps va avoir plus de mal à se réchauffer. C’est surtout essentiel au niveau des extrémités (orteils notamment). Ca veut donc dire d’avoir du rechange, une fois l’igloo terminé, car on est souvent mouillé. Pensez aussi à avoir une paire de gants pas trop épais pour dormir, de quoi vous couvrir les oreilles et le nez pour la nuit.
- une couverture de survie, que vous étalez au sol, sous votre matelas gonflable. Ce n’est pas absolument indispensable, mais cela évite que vous vous trouviez à même la neige si vous bougez un peu trop la nuit.
- a priori pas obligatoire mais dans des conditions un peu rudes, cela peut le devenir : des chaufferettes. Intéressant notamment pour les orteils qui peuvent mettre du temps à se réchauffer même une fois dans le sac de couchage. Comme la température de votre igloo risque fort d’être un peu en-dessous de 0°C pendant la nuit, il est important que vos pieds soient réchauffés par la température de votre duvet et éventuellement de ces chaufferettes.
Pour que cette expérience soit une réussite, il est donc primordial de respecter ces règles de bon sens.
Pour en savoir plus, jetez un coup d’oeil sur cette vidéo.
Pour savoir comment construire un igloo, c’est par là.



